Les voitures électriques bientôt taxées à chaque kilomètre ?
À l'image du Royaume-Uni qui prépare l'instauration d'une taxe au kilomètre pour les véhicules électrifiés dès 2028, les États cherchent à compenser la chute inévitable des recettes sur les carburants. Entre fin des incitations et besoin de boucler les budgets, découvrez combien pourrait bientôt coûter chaque trajet en voiture électrique. Quel avenir pour la France ?
C'est une petite révolution fiscale qui s'amorce outre-Manche, et elle pourrait bien servir de test grandeur nature pour l'ensemble de l'Europe. Alors que la transition vers l'automobile propre s'accélère, un écueil majeur se dresse devant les États : comment financer les routes et compenser la baisse inéluctable des taxes prélevées sur les carburants fossiles ? La réponse pourrait tenir en trois lettres : eVED, pour Electric Vehicle Excise Duty.
Ce projet britannique entend faire basculer la fiscalité automobile d'une logique d'incitation à l'achat vers une taxation directe de l'usage. Une perspective qui relance le débat sur le coût réel de la mobilité électrique à long terme.
Comment fonctionnerait cette taxe au kilomètre ?
Présentée avec un calendrier d'application ciblé pour 2028, la taxe eVED repose sur un principe simple : faire payer l'automobiliste en fonction de la distance qu'il parcourt réellement.
- Pour un véhicule 100 % électrique : Le tarif de départ évoqué s'élève à 3 pence par mile. Converti à notre système métrique, cela représente environ 2,1 centimes d'euro par kilomètre.
- Pour un véhicule hybride rechargeable (PHEV) : Une remise de 50 % serait appliquée, tenant compte de leur dépendance partielle aux carburants traditionnels déjà taxés.
Concrètement, pour un conducteur de voiture électrique parcourant 10 000 kilomètres par an, la note s'élèverait à environ 210 € annuels, venant s'ajouter aux coûts de recharge habituels.
Pourquoi les États cherchent-ils de nouvelles recettes ?
Derrière cette mesure se cache un casse-tête budgétaire colossal pour les finances publiques. Pendant des décennies, les taxes appliquées sur l'essence et le diesel (comme la TICPE en France) ont constitué l'une des rentrées d'argent les plus stables pour les gouvernements.
Avec la fin programmée des ventes de véhicules thermiques neufs, ce pactole est voué à disparaître. Selon la Cour des comptes, la France pourrait faire face à une perte nette située entre 15 et 30 milliards d'euros de recettes d'accises sur les énergies à l'horizon 2050. Pour entretenir le réseau routier, financer les infrastructures de recharge et maintenir l'équilibre budgétaire, trouver un modèle de remplacement n'est plus une option, mais une urgence.
Quel impact si une mesure similaire voyait le jour en France ?
Si aucune taxe de ce type n'est officiellement adoptée à ce jour en France, le cas britannique montre la trajectoire que pourrait prendre la fiscalité européenne. Si un barème équivalent à l'eVED était un jour transposé dans l'Hexagone, voici ce que cela représenterait sur le portefeuille des automobilistes selon leur usage :
- Petit rouleur (10 000 km/an) : environ 210 €/an
- Conducteur moyen (15 000 km/an) : environ 315 €/an
- Gros rouleur (20 000 km/an) : environ 420 €/an
Cette évolution marquerait la fin de l'âge d'or des économies à l'usage pour les pionniers du zéro émission, en déplaçant l'effort financier directement sur la carte grise et les kilomètres parcourus. La question n'est désormais plus de savoir si l'usage de la voiture électrique sera taxé, mais quand et sous quelle forme.
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