Carburant à 2 € : l'UE autorise 0,35 € de taxe, la France en prélevé 1,17 €…
Alors que le plein reste un gouffre pour le budget des ménages, l'association 40 Millions d'automobilistes pointe du doigt l'écart béant entre la fiscalité française et le minimum imposé par Bruxelles. Décryptage d'un système qui fait débat.
Chaque passage à la pompe ressemble à un coup de massue. Pour un litre de carburant affiché à 2 €, plus de la moitié du montant ne finance ni le pétrole brut, ni le raffinage, ni le transport, mais entre directement dans les caisses de l'État.
Selon des chiffres rappelés par l'association 40 Millions d'automobilistes, sur un litre à 2 €, 1,17 € correspond à des prélèvements fiscaux. Une pression jugée disproportionnée par son porte-parole, Pierre Chasseray, qui accuse l'État d'utiliser les carburants comme une « pompe à fric » au détriment du pouvoir d'achat.
La France bien au-dessus des règles européennes
Pour comprendre l'ampleur du chiffre, il faut regarder du côté de Bruxelles. L'Union européenne fixe un seuil minimal de taxation sur les carburants : 0,35 € par litre.
Avec ses 1,17 € de prélèvements, la France applique une fiscalité plus de trois fois supérieure à ce plancher communautaire. Pour les défenseurs des automobilistes, cette différence prouve que le gouvernement dispose d'une marge de manœuvre considérable s'il souhaitait soulager le portefeuille des conducteurs.
Comment se décomposent ces 1,17 € ?
La fiscalité sur les carburants repose principalement sur deux leviers :
- La TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) : un montant fixe prélevé sur chaque litre vendu, qui inclut notamment la composante carbone.
- La TVA à 20 % : qui s'applique non seulement sur le prix du produit brut, mais aussi... sur la TICPE elle-même (une « taxe sur la taxe » souvent décriée).
Un arbitrage politique complexe
Côté gouvernemental, cette fiscalité est historiquement justifiée par deux arguments : financer les services publics et inciter à la transition écologique en décourageant la consommation d'énergies fossiles.
Toutefois, pour les millions de Français vivant en zone rurale ou périurbaine sans alternative aux transports en commun, la voiture reste une nécessité absolue. Le débat relancé par 40 Millions d'automobilistes remet sur la table la question d'une baisse pérenne des taxes ou d'un plafonnement en période de crise inflationniste.
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